2015년 12월 18일 금요일

자유와 책임 2 - 자본주의가 안겨준 달콤한 자유, 우리는 정말 자유로운가.

종종 드는 의문입니다. 
우리는 정말 자유로운가?. 
걸신들린듯 자유를 고파하는 걸 보면, 그렇지 않은것 같습니다.
'행복해야 한다'며 누구나 '행복'이란 단어를 남발하지만,
행복이란 결국 '자유'의 문제라는 생각을 해봅니다.
'자유'가 뭔지 불분명해지니 행복을  찾는것은 뜬구름잡기가 되어버린게 아닐까요?

민주주의와 자본주의가 인간 개개인에게 가장 큰 자유를 보장한다고 믿었지만, 이젠 꼭 그렇지도 않다는 것에 공감합니다. 평양 시민과 서울 시민중 어느쪽이 더 많은 자유를 누리고 사느냐라고 물으면, 대답이 목구멍에 걸려 나오질 않습니다. 28년전 국민학교 도덕시간에 '북한이 아니라 남한에서 태어나서 정말 다행이다' 며 가슴을 쓸어내렸었는데 말이죠.

자신의 텃밭을 정성스레 가꾸듯, 자신이 발을 딛고 있는 지구를 정성스레 가꾸는 것은 자연스러운 일일 것입니다. 자유롭다는 것은 일을 하지 않고 '쉬는것'이 아니라, '활동'(activité)이라고 합니다. 자유란, 충분히 다 할수 있는 능력이 있더라도 다 해서는 안된다는 것을 아는 '절제를 포함하고 있는 활동'이라고  말하는 Cornelius Castoriadis의 글을 그대로 발췌해 실어봅니다.

내가 누리는 자유가 지구 반대편의 자유와 공명하는 세상을 꿈꾸면서...



"Nous devrions être les jardiniers de cette planète."

 

       La société capitaliste est une société qui court à l'abîme, à tous points de vue, car elle ne sait pas s'autolimiter. Et une société vraiment libre, une société autonome, doit savoir s'autolimiter, savoir qu'il y a des choses qu'on ne peut pas faire ou qu'il ne faut même pas essayer de faire ou qu'il ne faut pas désirer.

       Nous vivons sur cette planète que nous sommes en train de détruire, et quand je prononce cette phrase je songe aux merveilles, je pense à la mer Égée, je pense aux montagnes enneigées, je pense à la vue de Pacifique depuis un coin d'Australie, je pense à Bali, aux Indes, à la campagne française qu'on est en train de désertifier. Autant de merveilles en voie de démolition. Je pense que nous devrions être les jardiniers de cette planète. Il faudrait la cultiver. La cultiver comme elle est et pour elle-même. Et trouver notre vie, notre place relativement à cela. Voilà une énorme tâche. Et cela pourrait absorber une grande partie des loisirs des gens, libérés d'un travail stupide, productif, répétitif, etc. Or cela est très loin non seulement du système actuel mais de l'imagination dominante actuelle. L’imaginaire de notre époque, c'est celui de l'expansion illimitée, c'est l'accumulation de la camelote - une télé dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre -, c'est cela qu'il faut détruire. Le système s'appuie sur cet imaginaire-là.

       La liberté, c'est très difficile. Parce qu'il est très facile de se laisser aller. L'homme est un animal paresseux. Il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : " Il faut choisir : se reposer ou être libre." Et Périclès dit aux Athéniens : "Si vous voulez être libres, il faut travailler." Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous n'êtes pas libres quand vous êtes devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, vous n'êtes pas libres, c'est une fausse liberté. La liberté, c'est l'activité. Et la liberté, c'est une activité qui en même temps s'autolimite, c'est-à-dire sait qu'elle peut tout faire mais qu'elle ne doit pas tout faire. C'est cela le grand problème de la démocratie et de l'individualisme.

Cornelius Castoriadis *

* Philosophe, économiste et psychanalyste (1922-1997), créateur de la revue Socialisme ou barbarie et auteur, entre autres, de L'institution imaginaire de la société (Paris, Seuil, 1975) et de La Montée de l'insignifiance (Seuil, Paris, 1996). 
Ce texte est extrait d'un entretien, réalisé en novembre 1996, avec Daniel Mermet, producteur de l'émission "Là-bas si j'y suis" sur France Inter et publié dans Le Monde diplomatique d'aôut 1998.

 원문 발췌 : Le Monde diplomatique, Manière de voir, 144, décembre 2015-janvier 2016

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